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De mes p'tites mains

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mardi 18 mars 2014

Municipales à Tours : Culture pour les uns, culture pour les autres

Hier soir avait lieu une réunion de campagne de la liste de Jean Germain sur le thème de la culture. Ci-dessous, un compte rendu écrit par un des spectateurs présents dans la salle. J'ai décidé de le publier tel quel je l'ai reçu car il offre un point de vue intéressant sur les relations culturelles et politiques à Tours. Pour des raisons qui lui appartiennent, le contributeur, par ailleurs connaisseur de cette thématique, a souhaité rester anonyme.

Photo de la dite réunion (source JP Gille)
 
Lundi soir, l’équipe de Jean Germain organisait une réunion publique «culture» à la Bibliothèque Municipale. A défaut de la légendaire «culture pour tous» qui est aux politiques publiques ce que Nessie est à la biologie animale, il y a eu quelques échantillons de «culture pour certains» et quelques tentatives désespérées d’échanges houleux, finalement vite balayées par le candidat du PS. 

Pour être honnêtes, on est parti un peu avant la fin. Il faut dire que les échanges tournaient un peu en rond. Les gauches tourangelles réglaient leurs comptes entre elles et il y a fort à parier qu’il n’y avait pas beaucoup de gens de droite dans la salle, en tout cas pas pour prendre la parole et mettre le bazar. 

«Vous ne parlez que de culture institutionnelle, qu’en est-il de tout le reste ?» a questionné avec une belle et sobre (im)pertinence Julia Paglinghi - connue pour son travail au Projet 244, puis au Petit Monde, la structure qui gère la Guinguette de Tours-sur-Loire - en ouverture des questions du public. 

C’est vrai qu’on en a bouffé pas mal des projets à plusieurs millions d’euros, au premier rang desquels L’Imprimerie, «Berlin et Nantes ont des lieux comme ça, pourquoi pas Tours ?» (on ne rit pas). Le 37e Parallèle, le Point Haut, le futur pôle des musiques anciennes et bien sûr le futur Centre d’Art Olivier Debré ont largement dominé la présentation du programme. 

Chez Pierre Texier le futur adjoint à la culture, on a bien senti que le grand écart n’était pas chose facile : un Front de Gauche qui soutient le projet du Bateau Ivre et se présente avec le PS alors qu’une autre liste soutenue par le Front de Gauche se présente contre lui, cherchez l’erreur...). Ses citations de Soljenitsyne et de Camus, cautions culturelles bafouillées et sans doute trop abstraites dans ces circonstances, n’auront pas forcément convaincu l’auditoire qu’il fera autre chose qu’appliquer un programme «décidé par toute l’équipe». Même si Texier est un personnage intéressant et cultivé, peu de Tourangeaux l’ont croisé au CCNT, au CDRT, à l’Opéra, au Temps Machine ni dans la boue de Terre du Son ou l’obscurité des Trois Orfèvres... Bref, ce sera sans doute mieux que Colette Girard, mais ce ne sera pas du Tolochard. 

«On dirait que certains d’entre vous ici pensent que Pierre Texier est un saint et que Jean Germain est le diable !» Allusion qui aurait pu passer inaperçue si le même Germain n’avait pas filé la métaphore religieuse un peu plus tard en parlant des «moines qui se rasaient le dessus du crâne pour être en contact direct avec le Seigneur» (sic). 

Attaqué sur ses copinages, son clientélisme, son élitisme culturel bourgeois et son appartenance à la franc-maçonnerie par une militante d’extrême gauche remontée (et particulièrement mal informée sur certains dossiers, au point de faire tousser Jean-Patrick Gille sur le dossier des intermittents), le maire sortant est sorti un peu de ses gonds et, entraîné sur le terrain de l’idéologie par des intervenants au socialisme beaucoup moins pâle que le sien, a fini par lâcher un très glissant «je ne vois pas au nom de quoi quelqu’un appartenant à une loge aurait moins de droit qu’un membre du NPA ou du POI»

Tel un diable sorti de sa boîte (moi aussi, je sais filer les métaphores, je devrais peut-être me présenter en 2020), Gilles Bouillon a rassuré tous ceux qui ne dormaient plus la nuit en imaginant qu’il puisse quitter Tours un jour et nous priver de son talent. Il devrait gérer «bénévolement» (dixit l’intéressé, on demandera à voir...) la future Imprimerie. «Gilles Bouillon ne sera pas le dictateur de ce nouveau lieu culturel, mais son programmateur». Des mauvaises langues se sont interrogées sur la différence entre les deux. 

Franck Mouget, visiblement ravi d’avoir la confirmation devant une centaine de personnes que l’Imprimerie aura une programmation musicale «rock» avec une salle de 1000 places debout alors que le projet Ohé du Bato semble quasiment enterré par la Ville, a martelé que la culture c’était aussi les forces vives, le tissu associatif, les différents collectifs. Ce à quoi Jean Germain, s’attendant stoïque à une attaque en règle du collectif Ohé du Bato a répliqué qu’il avait «raison» et qu’il était «d’accord» avec le monsieur «de Le Muscle». Cause toujours mon canard, on va repartir pour six ans quoi que tu dises et fasses et tu vas pouvoir aller te faire voir avec ton projet dont je ne veux pas. Enfin, non, ça bien sûr il ne l’a pas dit. 

On a finalement assisté à un bien triste spectacle, qui est peut-être le propre de la politique : une rivalité à distance entre les acteurs culturels en odeur de sainteté du pouvoir en place qui ne vont évidemment pas renier la reconnaissance institutionnelle pour laquelle ils ont - entre autre - bossé pendant des années, et ceux qui soit en ont été déchu, soit ne l’ont pas encore atteinte. Il est finalement assez facile d’imaginer un instant les mêmes «exclus» au «pouvoir» dans 10 ou 15 ans présenter leur programme face à des «déchus» et «aspirants» hargneux ou dépités. L’Histoire se répète souvent dans ses pires travers. Impression résumée par un homme dans le public : «Il est facile d’être à l’aise quand on vit dans le confort et que tout va bien.» 

En écho à cette problématique, à cette forme de tragédie du pouvoir au sens large, une femme vers la fin a eu ces mots très sobres et très justes : «Ne pensez-vous pas que vous avez déjà fait beaucoup, vous tous, que sans vouloir vous blesser, vous arrivez à un certain âge, qu’on peut dire que vous avez réussi votre vie et qu’après 19 ans au pouvoir il n’aurait pas été juste de laisser la place à d’autres, plus jeunes peut-être, ou en tout cas, désireux de jouer un rôle dans cette ville ?»

Là, on venait de dépasser largement le thème de la culture. Mais là aussi, dans la vie politique comme dans l’espace, hélas, personne ne vous entend crier. 

La Mine Enfarinée.

2 commentaires

Rubin Steiner 10:06:00

merci pour ça monsieur l'anonyme

Rubin Steiner 10:07:00

j'ai aussi réagi au "projet" (du moins à sa présentation) ici
http://rubinsteiner.blogspot.fr/2014/03/limprimerie-projet-de-jean-germain-ps.html

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