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De mes p'tites mains

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mercredi 30 octobre 2013

La rue Delpérier

Connaissez-vous la rue Delpérier à Tours ? Une rue banale au premier abord, qui permet de rejoindre le vieux-centre au Boulevard Béranger. Une rue typique traversière comme d'autres, pourtant quelques évènements liés à cette rue font partie de l'histoire de la ville... 


Les automobiles Delahaye :

Revenons tout d'abord sur le site de Fort Dodge abordé la semaine dernière. Car outre son passé récent, ce site est aussi un lieu qui a marqué l'histoire industrielle de la ville. C'est en effet ici que se situaient les usines Delahaye.

L'usine Delahaye, rue du Gazomètre (aujourd'hui Delpérier) à Tours. (Coll. Particulière)
La Delahaye Type 1 (source)
Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant Émile Delahaye fait parti de ceux qui à la fin du XIXe siècle ont contribué à l'essor de l'automobile en France. En 1879, il rachète une entreprise située rue du Gazomètre (aujourd'hui rue Delpérier) dont la spécialité est la fabrication de chaudières conçues  pour les industries de la brique et du carreau céramique. Véritable entrepreneur, il se lance en parallèle dans des recherches sur l'automobile alors en plein essor. En 1895 sort de ses ateliers la voiture Delahaye "Type 1", première voiture à allumage électrique et dont on dit qu'elle fut la première voiture 100 % française.

Il employait dans ses ateliers 75 ouvriers. La marque va connaitre une bonne renommée grâce aux différents concours et courses où ses véhicules sont engagés. De plus Delahaye développe également des pompes à incendies qui vont équiper les véhicules de pompiers. Pour faire face au développement de sa société, E. Delahaye s'associera avec deux industriels (Desmarais et Morane) en 1898. Un an plus tard, à l'étroit dans ses locaux, l'entreprise délocalisera ses activités à Paris.

Des usines Delahaye il ne reste plus de trace, les ateliers avaient été conservés et utilisés par les laboratoires Solvay mais suite à son rachat du site, l'institution Notre Dame La Riche les a rasés pour faire place à son projet de restructuration.

En revanche, la maison d'Emile Delahaye qui était attenante à l'usine est toujours visible :

La maison d’Émile Delahaye

La garderie Mame :

Juste à côté, Alfred Mame achète en 1857, le 36 rue du Gazomètre (au niveau de l'actuel 64 rue Delpérier). Il y fonde en 1871 une garderie pour les enfants des ouvriers de l'imprimerie. La proximité avec la cité et sa situation entre celle-ci et l'usine fut primordiale dans l'implantation de la garderie à cet endroit : « Les femmes mariées, autorisées à quitter l’atelier une demi-heure avant leurs maris, ont la facilité d’acheter les denrées aux halles centrales qu’elles traversent, et de reprendre leurs enfants à la crèche, qui est également sur leur passage » (LUCE-MILHO, Notes sociales. Les retraites ouvrières, Tours, impr. E. Soudée, 1902. [source].)

La Rue Delpérier et son histoire :

La rue Delpérier fut percée dans les années 1820. D'abord limitée à l'intersection avec la rue de la Bourde, elle fut nommée rue Borgne.

source

Elle fut rebaptisée rue du Gazomètre après qu'une usine à gaz y soit implantée en 1836. Celle-ci fonctionnera jusqu'en 1931, date à laquelle une seconde usine à gaz plus importante fut mise en service rue du Général Renault.

L'usine à gaz en rouge (source)
A l'emplacement de l'usine à gaz se trouvent aujourd'hui le square Delpérier et l'école maternelle Charles Boutard :

Sur cet extrait d'un plan de 1849, nous voyons que son prolongement est envisagé pour rejoindre la partie sud reliée au Boulevard Béranger :

source

Le sculpteur Georges Delpérier y vécu et y avait son atelier jusqu'à sa mort en 1936. Pour cette raison, la municipalité décida en 1941 de rebaptiser la rue en son honneur.

La maison et atelier de Georges Delpérier
Aujourd'hui cette rue est d'une architecture hétérogène. Les activités sont surtout scolaires puisqu'au nord on y retrouve l'école primaire George Sand et l'école maternelle Charles Boutard. Elle sert également d'axe principal aux différentes structures de l'Institution Notre Dame La Riche.

façade de l'école primaire (aujourd'hui école George Sand)
Au niveau architectural, rien d'exceptionnel est à signaler.  On y retrouve des immeubles des années 60-70 sur l'emplacement de l'ancienne caserne Marescot, ainsi qu'au nord de la rue. Ailleurs on retrouve des particuliers tourangeaux typiques du XIXe siècle, dont quelques uns sont classés à l'inventaire des monuments historiques mais aussi beaucoup de logements de ville sans intérêt particulier.

Nord de la rue à l'architecture hétéroclyte
HLM à l'emplacement de la caserne Marescot
Alignements de façades du XIXe siècle
Nouvel alignement au sud de la rue
Maison bourgeoise à l'angle de la rue Barbusse

Quelques curiosités intéressantes sont néanmoins à signaler :

En levant les yeux, on peut apercevoir cette étrange façade au 33, vestige certainement d'un ancien garage ou atelier.



















Avec un peu de chance, si le portail est ouvert, le curieux pourra voir dans le couloir d'entrée, ces fresques au mur :




A signaler également cette extension néo-renaissance au 39 :

7 commentaires

admin_facebook_archives 14:00:00

Bonjour
Article très intéressant et documenté comme les précédents.

Une remarque, pourquoi ne citez vous jamais les sources des documents que vous montrez ? S'agit-il toujours de documents privés ?

Au plaisir de vous suivre ici et sur facebook

Archives départementales : https://www.facebook.com/archives37

Matfanus 14:49:00

Bonjour,

Pour les sources des documents, c'est une erreur. Les extraits de plans de ville sont issus de Gallica (je corrige). Pour l'image des usines Delahaye, je l'ai en ma possession depuis quelques temps, mais je suis dans l'incapacité de donner sa provenance.

Ceci dit vous avez raison, il faudrait que je me tienne à plus de rigueur sur les sources des documents dans mes billets historiques.

Merci de votre passage.

admin_facebook_archives 15:08:00

Très bien pour vos sources par respet des institutions qui mettent à dispositions les images ou conservent les originaux.
Et au plaisir peut-être de vous voir dans l'une de nos salles de lecture pour consulter des documents (sur inscription, gratuite, une pièce d'identité suffit)

Eric Caillé 21:12:00

C'est flou dans ma mémoire mais j'ai connu le garage du 33. Autre chose, à quand un billet sur l'usine de la rue Parmentier ?

Matfanus 22:01:00

Ah bah si ta mémoire revient, je suis preneur.

Pour l'usine rue Parmentier, ça viendra...

Lexou

Le 33 rue Delpérier a abrité l'atelier de réparation de la concession Honda : Tours Moto Sport. Celle-ci était située 82 avenue de Grammont. L'immeuble a été acheté autour de 1978 et a été exploité jusqu'en 1983-84 avant d'être revendu à Cyrille Neveu. Je tiens ces informations de mon papa qui était le directeur technique de la concession.

Matfanus 16:49:00

Merci Lexou pour ces précisions.

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