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mercredi 11 septembre 2013

Le combat des salariés de Michelin

Plusieurs centaines de salariés Michelin étaient en grève aujourd'hui à l'usine de Joué-les-Tours. Cette journée d'action était prévue pour faire pression auprès de la direction, dans les négociations qui entoure le plan social prévu sur le site (avec la suppression de 730 emplois). A 10h, ces salariés se sont regroupés devant l'usine pour partir en cortège dans Joué-les-Tours, jusqu'à l'espace Clos Neuf où se tenait un CCE (Comité central d'entreprise) de l'entreprise. En marge de ce CCE et de cette manifestation, une délégation de 9 salariés a été reçue par la direction. 

Retour sur cette matinée, au sein des salariés de Michelin.

Salariés Michelin, rassemblés devant l'usine.
Pour les salariés, c'est l''univers Michelin qui s’effrite comme le logo sur ce bleu de travail usé.
Quand le cortège s'ébranle du parking en direction de l'espace Clos Neuf,  la première impression est celle d'une colère contenue chez les salariés. Peu se montrent virulents. Au contraire, ça discute entre collègues de choses et d'autres, les visages sont plutôt souriants, ça se salue, le tout très simplement. Pourtant, ces derniers temps, beaucoup ont fait grise mine, l'annonce de la fermeture de l'activité poids-lourds en juin dernier fut un coup de massue pour beaucoup de ces salariés qui ont passé des années dans les ateliers du Bibendum. 

Départ de la marche en direction du CCE

Ce calme apparent s'explique en partie par le fait que les négociations n'ont pas encore réellement commencé. Pour l'instant, seules les questions économiques et la forme ont été discutés, pour les questions de fonds et le volet social cela commencera le 19 septembre prochain. Il s'explique aussi parce que tous savent que la direction attend des débordements pour les faire passer pour des casseurs ou des voyous. A ce titre, l'amertume se fait sentir quand on évoque le sort de leurs deux collègues (voir vidéo plus bas) sanctionnés après la manifestation de Clermont en juin dernier (mise à pied de deux jours et de quatre jours). Pour les soutenir, une quête sera d'ailleurs organisée en fin de semaine devant l'usine. Une façon de montrer que la solidarité et la culture ouvrière sont encore fortement présentes. 

Quelques pétards et quelques rues plus loin, le cortège déambule dans la zone industrielle près de leur usine. Certains salariés grognent, "On aurait du passer en ville, là personne ne nous voit, on touche personne", entend-on dans le cortège. Quelques routiers, émettent tout de même des coups de klaxons en signe de soutien et reçoivent des applaudissements de remerciement en retour. 

Certains ont débrayé à 10h pour se joindre à la manifestation
La marche dure une vingtaine de minutes jusqu'au lieu de réunion. Arrivés sur place, les salariés s'installent en long pour écouter leurs délégués syndicaux qui sortent du CCE (voir vidéo ci-dessous). Malheureusement, leurs nouvelles ne sont guère réjouissantes. Face à leurs questions et aux alternatives proposées, la direction se mure dans le silence et s’abstient de réponse en guise de non recevoir.
Salariés de Michelin écoutant leurs délégués syndicaux
Tous sont attentifs aux discours.
A la tribune improvisée, le maire de la ville, Philippe Le Breton, prononce quelques paroles en guise de soutien aux salariés. Il annonce également attendre toujours des réponses de Michelin sur la justification économique du plan social comme la direction s'y était engagée. 


  
Olivier C. représentant du syndicat SUD, rappelle lors de son passage au micro, l'impact sur les familles. Claude Guyon, son homologue de la CGT dénonce les propositions de la direction qu'il qualifie d'insultantes pour les salariés, notamment pour les plus anciens. Pour ceux-là, Michelin propose des mesures d'aménagement de fin de carrières particulières : "Devenir des intérimaires estampillés Michelin", c'est à dire d'aller bosser l'équivalent d'un 2/3 de temps plein, dans d'autres entreprises demandeuses auprès de Michelin.

Claude Guyon (CGT) à la tribune

Chez l'ensemble des salariés, aucun ne croit les arguments de la direction sur la nécessité économique de ce plan social. Aucun ne croit non plus aux déclarations d'accompagnement. Quand on en parle avec eux, tous citent les exemples d'Orléans et surtout de Poitiers, où les salariés n'ont jamais bénéficié des promesses faites à l'époque.

La mort de l'usine

Une heure plus tard, les neuf ouvriers reçus en délégation ressortent applaudis par leurs collègues, mais têtes basses. Face à leurs questions et à leurs discours, la direction est une nouvelle fois restée sans réponses, préférant le silence. Un silence que les salariés jugent méprisant. Devant l'Espace Clos, ils invitent sans réussite la direction à venir s'exprimer devant eux. Dans la foule on entend "Ils nous prennent pour des voyous, nous on veut juste qu'ils nous respectent et qu'ils viennent nous parler en face. C'est la moindre des choses, quand on met des employés à la porte".


Le retour à l'usine se fait cette fois à travers les rues de Joué les Tours, quelques habitants à leurs fenêtres envoient des messages de soutien aux Bibs qui passent devant chez eux. Un soutien somme toute modeste, mais qui fait du bien à ces salariés qui se sentent trahis par une entreprise pour laquelle ils ont tant donné.

4 commentaires

macaju37 17:51:00

Reportage intéressant,illustré de bonnes photos ...
bon travail !!!

Matfanus 20:52:00

Merci

jean louis

je suis salarié Michelin a joué depuis 35 ans merci a tous de votre soutien la lutte continue

Matfanus 15:24:00

@Jean Louis : De rien, on ne peut pas faire grand chose, si ce n'est relayer au mieux votre combat.

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