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mercredi 10 juillet 2013

Michelin Joué les Tours, la lutte continue

A l'approche du deuxième comité central d'établissement, qui se tiendra demain jeudi,  l'avenir du site et des employés de Michelin de Joué les Tours, continue de faire parler.

Aujourd'hui la Nouvelle République publie une série d'articles sur le ressenti des salariés des sites de La Roche-sur-Yon et de Blanzy, qui doivent bénéficier d'une partie des investissements promis par Michelin en France. Outre la solidarité avec leurs collègues jocondiens, il en ressort que même sur ces sites, aujourd'hui préservés, on ne croit plus aux annonces de la direction, et on préfère être prudents sur l'avenir, l'étude de cas du site de Joué, servant de piqure de rappel aux plus optimistes. 

Du côté des politiques, Marie-France Beaufils, après avoir interpellé le gouvernement au Sénat, à écrit une lettre à Pierre Moscovici : 
Monsieur le Ministre,

Dans mon intervention du jeudi 20 juin au Sénat mes interrogations sont restées pour la plupart sans réponse.

Au nom du gouvernement, Madame Pèlerin s'est félicité de la décision de Michelin d'investir 800 millions en France entre 2013 et 2019 alors que l'essentiel du choix de ce groupe a été d'investir 6 milliards sur 3 ans à l'étranger, ce que vous ne pouvez ignorer. Il y a deux poids, deux mesures que les salariés tourangeaux ne peuvent accepter.

Les salariés attendent que vous puissiez apporter des réponses plus précises « Il faut que ceux qui souhaiteraient rester dans la région se voient offrir une solution et, surtout que le site poursuive sa vocation industrielle. » a déclaré Madame Pèlerin.

Les Michelin ont trop souffert de promesses se résumant à des incantations, sans suite, comme ce fut le cas pour ceux de Poitiers en 2009 à l'époque de la présidence de Nicolas Sarkozy.
Il ne devait y avoir aucun licenciement. Résultat 118 salariés sont restés « sur le carreau » comme nous ont dit les responsables syndicaux et 100 sont venus travailler à Tours quotidiennement, depuis 2009, pour se voir remercier en 2013. Pour certains cela représente 2 heures de trajet au minimum par jour. Au début Michelin avait mis des bus à leur disposition qui ont été supprimés assez vite (5/6 viennent aujourd'hui en voiture). « Toute personne qui perd son emploi à cause de Michelin devra retrouver un emploi grâce à Michelin » a déclaré Madame Pèlerin dans sa réponse et elle a même rajouté « Le Gouvernement sera extrêmement vigilant à ce que chaque salarié se voit proposer une solution qui lui convienne et à ce que les emplois soient recréés à l’échelon local. » Vous comprendrez, Monsieur le Ministre, que les salariés Michelin de Joué ne souhaiteraient pas voir se renouveler cette malheureuse expérience vécue par les Michelin de Poitiers.

Les salariés ne peuvent se contenter de telles déclarations. Cette multinationale a pour habitude de penser plus aux dividendes des actionnaires qu'à l'emploi de ses salariés, c'est sa ligne de conduite permanente. Si la loi ne contraint pas ce groupe, comme tous les autres, à ne pas licencier en cas de résultats globaux positifs, les salariés de Joué les Tours risquent d'avoir le même traitement que ceux de Poitiers. Et ce n'est pas la loi de sécurisation de l'emploi, transposition de l'ANI, qui peut leur laisser espérer des réponses correspondant à leurs attentes. Notre proposition de loi contre les licenciements boursiers, votée par les sénateurs socialistes en février dernier aurait été sans aucun doute une solution. Quels seront vos moyens pour éviter de telles dérives et obliger Michelin à répondre à ses promesses.
Je partage votre engagement pour que le site « poursuive sa vocation industrielle » et voudrais connaître les moyens que vous comptez mettre en œuvre pour que cet objectif ne reste pas lettre morte.
Lorsque le site de Poitiers a été fermé, Michelin avait dit vouloir faire de Joué les Tours un Pôle d'Excellence pour les pneus poids lourds. Aujourd'hui ces choix stratégiques au niveau industriel n'ont été portés à la connaissance ni des salariés, ni des élus. Cependant le PDG, Monsieur Sennard, a déclaré que les ministères concernés auraient été informés en amont de l'annonce presse. Si tel est le cas, vous devez être, Monsieur le Ministre, en mesure de nous dire qu'elle est l'appréciation que porte le gouvernement sur ces choix. Madame Pèlerin ne m'a apporté aucune information dans ce sens.

Je souhaiterais, Monsieur le Ministre, que vous apportiez des réponses claires aux salariés de Michelin Joué les Tours. L'expérience de ces dernières années ne les incitent pas à croire sur parole les dirigeants de ce groupe qui trop souvent leur ont fait des promesses qu'il n'ont jamais tenues. Aussi je voudrais que vous me communiquiez les mesures que vous comptez prendre pour que les salariés de Michelin Joué les Tours, après 11 plans sociaux, ne soient pas lésés une fois de plus. Pour que sur ce territoire Michelin maintienne une activité industrielle de même ampleur.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sincères salutations.

Marie-France BEAUFILS
Sénatrice d’Indre et Loire.

Il faut dire que lors de sa réponse à la Sénatrice d'Indre et Loire, Fleur Pellerin (Ministre chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique) a sorti un discours qui ressemblait plus à une réponse type du service communication de Michelin, qu'à une réponse d'un gouvernement socialiste.
Je vous laisse juge, la vidéo est disponible ici

Le Vice-Président du conseil régional de la région Centre, Jean-Michel Bodin a interpellé également le gouvernement par une lettre à Jean Marc Ayrault, publiée par L'Humanité. Dans celle-ci, il demande au Premier Ministre de geler les crédits d'impôts qui doivent être alloués à Michelin.  

Du côté des salariés, on ne baisse pas les bras, malgré le mutisme de la direction. Les salariés veulent continuer à faire parler d'eux, conscients que le rapport de force passera aussi par la bataille de l'image. A ce titre, une banderole a été placée aujourd'hui sur l'usine, face au périphérique de Tours, pour interpeller au maximum la population tourangelle sur leur lutte.



Mais à l'image des T-Shirts, que les salariés portaient lors de la manifestation à Clermont-Ferrand, le 26 juin dernier, l'humeur est plutôt morose.


















Les images du billet proviennent de la page de soutien aux employés de Michelin. Allez la "liker", si ce n'est pas déjà fait.

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