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samedi 15 juin 2013

Le sale coup joué par Michelin

Cette semaine, la direction de Michelin a confirmé ce qui était paru dans la presse vendredi dernier, à savoir un plan social touchant l'usine de Joué les Tours, avec la suppression de 730 postes sur les 936 du site. Un drame social et humain, qui a été noyé dans la masse de promesses d'investissements sur le sol français de la part du géant du pneumatique. Au grand dam des premiers concernés, les ouvriers de Joué les Tours.

Un plan social, noyé dans la masse 

Dans cette histoire, Michelin a réussi à préserver son image. L'annonce, dans le même temps, de l'investissement de 800 millions d'euros sur le sol français a tempéré les réactions des politiques à commencer par les ministres du gouvernement. Visiblement agacé par les questions de son collègue socialiste, Arnaud Montebourg évoquait ainsi, mercredi à l'Assemblée Nationale : "des annonces globalement positives", en réponse à Laurent Baumel, député de la circonscription de Joué-les-Tours. Michel Sapin, ancien président de la région Centre, se permettait lui, sur France Inter, la réplique suivante :  "Si je peux dire, la Vendée sourit pendant que la Touraine pleure" en ajoutant que "à quelques centaines près, les emplois sont à l'équilibre".

Des propos tout en nuance, frisant la satisfaction car au final ce que le gouvernement veut retenir ce sont les 800 millions que Michelin promet d'investir en France. Cette communication, bien orchestrée à été évidemment relayée par les médias, de quoi mieux dissoudre dans l'ensemble, le drame humain qui se prépare à Joué les Tours.

Source : Page de soutien sur Facebook
Le maintien sur site : coup de poker menteur ?

L'intelligence de Michelin a été également de ne pas annoncer la fermeture du site jocondien. Le groupe de Clermont a pris note du passé récent des conflits sociaux et des catastrophes en terme d'images de la fermeture de Continental à Clairvoix ou encore de Goodyear à Amiens. Michelin a ainsi évité une fermeture totale qui aurait été catastrophique pour son image en France.

Mais malgré tout, les exemples internes à l'entreprise, à commencer par l'usine de Poitiers en passant par celle de Wolber à Soissons, ne laissent rien présager de bon pour le reste de l'usine de Joué. Les employés ne sont d'ailleurs pas dupes et ne semblent pas optimistes, certains, que tôt ou tard, cette fermeture arrivera. Après tout, Il est vrai que l'on peut se demander si Michelin n'essaye pas de temporiser. Il peut paraitre plus commode d'annoncer la fermeture, dans quelques années, d'un site de 200 personnes plutôt qu'aujourd'hui celle d'un site de près de 1000 emplois.
D'ailleurs parmi les annonces du groupe, on note la spécialisation du site de Joué sur deux ateliers de semi-finition (déjà en activités) qui fournissent une partie des usines françaises et européennes. On note aussi la création d'un atelier de semi-finition sur le site de Troyes ; site actuellement livré en produits semi-finis par l'usine de Joué... Une nouvelle fois, les jocondiens pourraient être les dindons de la farce.

Une erreur stratégique et commerciale et une addition salée pour les ouvriers

Hier, pour la première fois, la direction de Michelin, lors du conseil municipal extraordinaire tenu à Joué les Tours, a reconnu pourtant s'être trompée. La direction a reconnu que cette fermeture du poids lourds sur le site jocondien était en partie liée à l'échec du pneu X-One en Europe. Pneu fabriqué à Joué les Tours et qui devait offrir à l'usine un bel avenir à en croire la direction quelques années en arrière. C'est donc une erreur stratégique et commerciale, qui va être payée chèrement par les ouvriers.

Chèrement, car malgré les belles déclarations sur un accompagnement exemplaire dans la reconversion des salariés,  pour ceux qui ont passé et qui ont voué une grande partie de leur vie à Michelin à Joué les Tours, cette fermeture s'annonce catastrophique. Michelin annonce proposer un poste sur un autre site en France aux Bibs de Joué, mais pour continuer de toucher entre 1300 et 1700 euros par mois, pour continuer d'aller faire les 3*8, voir les 4*8 dans les ateliers du Bibendum, ces derniers vont devoir abandonner leur région, leur famille, amis, maison et j'en passe. Le tout, sans jamais être certains de ne pas revivre une telle situation dans quelques années, comme les employés de Poitiers l'ont vécu en 2006 avant d'arriver sur le site de Joué... pour l'avenir que l'on sait.

Des ouvriers floués par la direction

On peut en effet se demander comment faire encore confiance à ce grand groupe multinational. Les annonces faites concernant le site de Joué n'apparaissent pas satisfaisantes et les exemples précédemment cités de Poitiers et de Soissons, n'ont jamais bénéficié des aides et des investissements promis par Michelin au moment des fermetures pour la reconversion des sites.

Les salariés de Joué les Tours, peuvent ainsi se sentir trahis, depuis des années on leur assure qu'en faisant des efforts, leur site et donc leur emploi ne sera pas en danger : Après la fermeture du secteur tourisme en 2002, la spécialisation dans le poids lourds, devait faire de Joué les Tours, une usine majeure pour Michelin. La fermeture du site de Poitiers en 2006 était sensée assurer au site jocondien une vie longue. En 2009, le plan social qui avait supprimé 340 postes devait assurer, cette fois c'était sûr, une pérennité à l'usine de Joué... Cette fois-ci, le couperet est tombé, les 3/4 de l'usine vont fermer d'ici 2015, le reste suivra certainement, peu de temps après et ce malgré les profits générés par Michelin cette année, il fallait le rappeler.

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