[MAJ en fin de billet avec la réponse]
Vu que c'est la saison des quizz et autres défis sur les blogs de Touraine, voici donc mon petit jeu devinette à moi.
Vu que c'est la saison des quizz et autres défis sur les blogs de Touraine, voici donc mon petit jeu devinette à moi.
Amis curieux et férus d'histoire et de patrimoine, pouvez vous me dire quel est le bâtiment sur cette photo que m'a gentiment envoyé le camarade dessinateur Azo ?
Allez, c'est pas trop dur, seul l'angle de vue peut éventuellement vous perturber.
Réponse :
Ludo et Catherine ont répondu correctement, il s'agit effectivement de l'ancien Hôtel de Ville de Tours, devenu par la suite la bibliothèque municipale.
Ce bâtiment fut construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle après le percement de la route d'Espagne (Tranchée, rue Nationale, Avenue Grammont). La volonté était alors de créer une place symétrique, voulue comme une entrée majestueuse de la ville. A l'angle Est de la rue Nationale (alors rue Royale), s'élevait le musée des Beaux-Arts. Pour l'anecdote, ce bâtiment n'ouvrit ses portes qu'en 1828 suite aux protestations des moines de l'abbaye Saint-Julien. Le bâtiment à l'Ouest, celui qui nous intéresse ici, fut achevé en 1786 et devint l'Hôtel de Ville. Il occupa cette fonction jusqu'en 1904 et l'inauguration du nouveau palais municipal imaginé par Victor Laloux. Durant ces cent dix huit années il accueillit une quarantaine de maires.
Suite à ce déclassement, le bâtiment fut transformé en bibliothèque à partir de 1907. Bibliothèque qui se trouvait jusque là dans l'hôtel Papion du Château qui fut détruit pour permettre la construction du nouvel Hôtel de Ville...
L'histoire de ce bâtiment prit fin le 19 juin 1940 dans l'incendie qui ravagea une grande partie des quartiers anciens de la ville. L'histoire de cet incendie est raconté dans ce très intéressant lien pdf.
| La Bibliothèque incendiée, vue de la rue Nationale |









Il y manque de chaque côté les cellules.
Il y en eu des cellules… approvisionnements.
Imaginez-vous à traîner un transpalette (manuelle) tout autour du 1er ou 2ème étage de cet immense magasin. De temps en temps, vous jetez un œil vers le puits de lumière pour voir s’il y encore de la vie en bas parmi les stocks de contre-plaqués ou de semelles de frein.
Les copains distributeurs et cariste « ramasse » la « route ». Il prépare les expéditions pour Cannes La Bocca, Oullins, Bischheim, Vitry, etc.
Sur les quais de chargement, hiver 84-85, il fait moins dix degrés toute une semaine, les gars de la manut décident d’arrêter le chargement des wagons, ils réclament des gants fourrés et des parkas qu’ils obtiendront.
Dans cet immense bâtiment non chauffé, il fait très froid quand il fait très froid dehors. Alors pour protéger les distributeurs ou les manutentionnaires, la direction dans sa grande mansuétude distribue les vieilles capotes d’occasion des contrôleurs. C’est bien bon pour des « quincailliers » !
Dans cette « prison » nous étions 320 en 1981-82, nos prédécesseurs furent jusqu’à 500 après la reconstruction du magasin détruit par les bombardements.
Ensuite les effectifs chutèrent non pas » liée à la fermeture inéluctable du site (devenu obsolète avec le temps) », mais en fonction des variations de la politique d’approvisionnement de la SNCF.
Jusqu’en 81-82, la courbe des effectifs remonta car la SNCF fermait d’autres magasins à Noisy-le-Sec, Villeneuve et centralisait aussi certains articles en provenance d’autres établissements.
Elle créa en 1981 une gestion informatisée des stocks et quelques années après elle décida de décentraliser les stocks dans les différents ateliers du matériel de la SNCF et elle passa des marchés avec des fournisseurs pour l’outillage et la visserie, et l’effectif chuta.
Mais la vie au Magasin Général, ce fut aussi la solidarité entre travailleurs, les grèves, les débrayages alliant les employés des bureaux, les magasiniers et les manutentionnaires. Ce fut aussi la grève de 86-87 (il n’y avait pas que les roulants en grève) et celle de 1995 où les travailleurs d’OMNIMANU sous-traitant seront partie prenante.
Cette histoire est notre histoire, avec un petit h.
En décembre 87, le Magasin général cessa d’exister en tant qu’établissement séparé. Il devint Secteur Approvisionnement de l’atelier du matériel de St Pierre et nous, notre sort fut ensuite lié aux ex-Cadoux.
En nov-déc 1995, nous tinrent notre place, toute notre place, dans la grève pour le retrait du plan Juppé qui s’attaquait aux retraites et à la Sécu.
Ensuite, la direction décida la fermeture du site et l’aménagement d’un nouveau magasin dans le bâtiment A de l’atelier du matériel devenu EIMM, Établissement Industriel du Maintenance du Matériel (11 rue des ateliers).
En fin en 2004, le directeur du Matériel Martin décida de changer de logiciel de gestion des stocks. A cette occasion il décida de louer une plate-forme logistique à Moissy Cramayel qu’il confia à une entreprise privée et dans laquelle le stockage de pièces détachées nécessaires à la maintenance des matériels fut de nouveau centralisé. Il tournait le dos au Magasin Général et au 110 travailleurs qui travaillaient encore aux appros à ce moment-là.
Quant à la reconversion du bâtiment, figurez-vous que nous avions des idées.
Nous aurions bien vu au 2ème étage des logements (on a une belle vue de là haut), accessibles en priorité aux anciens du Magasin Général (Et c’est là que je finirai ma vie Comme d’autres gars l’ont finie).
Au 1er étage, il y a la place pour une piste d’athlétisme couverte, nous l’avions testé, un bâtiment de 250 m de long et 50 de large !
Au rez-de-chaussée une patinoire, pas besoin de chauffer !
En 2006, nous n’avons pas dit au revoir au site car Radio Béton s’était bien gardé de nous inviter.