Ce lieu est chargé d'histoire, avant d'abriter la communauté franc-maçonne il fut notamment un couvent religieux. En 1711 s'y installent les soeurs de Notre-Dame de Charité du Refuge. Dès lors, le lieu prend le surnom du "Refuge". Pendant la Révolution, le Refuge est nationalisé. Sous le Directoire, il est transformé pour abriter le VIe régiment de hussards de la République.
Lors de la Restauration, le Refuge change de nouveau d'activité. L'ordonnance royale du 11 septembre 1816 créé en ces lieux un orphelinat et une maison de correction pour les filles de « mauvaise vie » ou en danger moral. La maison de correction restera en activité tout le XIXe siècle, précisément jusqu'en 1903, année ou éclate un scandale. Certaines sœurs en charge du Refuge sont accusées de mauvais traitements et de sadisme sur leurs pensionnaires. Cette affaire fit grand bruit, Georges Clemenceau couvrit même le procès pour le journal l'Aurore.
Rachetés par l'Etat, les lieux sont en partis détruits avec le percement de la rue Dabilly en 1904. La loge maçonnique des Démophiles s'en porte alors acquéreur en 1907. Cette loge dépendante du Grand Orient de France, est toujours en possession des lieux aujourd'hui.
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| Le temple des Démophiles en 1910 (source) |
Outre l'histoire maçonnique, ce lieu fut également lié à l'histoire politique. En effet, ce lieu porta bien son nom puisqu'il servit de refuge pour les délégués minoritaires du Congrès de Tours de Décembre 1920. Lors de ce congrès, avec la scission de la SFIO, qui entraina la création du Parti Communiste, les délégués ayant refusé l'adhésion à la IIIe Internationale, quittent la salle du Manège et rejoignent la loge des Démophiles pour y continuer leurs travaux et réfléchir à l'avenir de la SFIO, dorénavant orpheline de sa majorité de délégués ayant rejoint la IIIe Internationale.
Les Démophiles c'est quoi ?
La loge des Démophiles naît en décembre 1847 de la volonté de Jules Charpentier. Cette appellation, tirée de la mythologie
latine, se traduit par «amis du peuple». La loge des Démophiles est rattachée au Grand Orient de France (GODF). Sur la façade du bâtiment nous pouvons d'ailleurs observer les lettres GODF de part et d'autre de la porte.


8 commentaires
Vraiment très intéressant ! Merci pour cet article qui éclaire un lieu devant lequel je passais anonymement.
Très intéressant !
Et c'est où, précisément ?
Bien vu Mathieu. Je suis passé devant bien souvent ne voyant qu'une église, athée que je suis.
Voyons Dada, au 72 rue Georges Courteline (ex rue de la Riche).
Merci à vous.
@dadavidov : Eric t'as bien répondu
Je l'avais repéré et j'aimerais bien y rentrer un jour...
@Elmer : oui pareil. Tu as une photo ici :
http://www.lesdemophiles.com/templesymbole.html
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