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Suivi complet du plan social à l'usine Michelin de Joué-lès-Tours et des 726 suppressions de postes.

Mame : un patrimoine tourangeau

Retour sur la saga Mame à Tours...

Le Magasin Général

Dossier spécial sur le Magasin Général des matières de Saint-Pierre des Corps.

samedi 31 décembre 2011

Adieu 2011, Bonjour 2012

Traditionnellement, fin décembre rime avec retour en arrière sur l'année écoulée, voici donc la récap 2011 de Du trASh et DeS bAiSerS!!! avec les sujets qui m'auront marqué cette année :

Janvier : L'année commençait fort avec la tenue du congrès du FN à Tours. Un congrès électrique en plein coeur de la ville qui lance Marine Le Pen vers la Présidentielle et qui créer un joli souk en ville lors de la manifestation d'hostilité au FN.

Février : Epilogue dans l'affaire de la Femme Loire. La sculpture géante de Michel Audiard ira ailleurs qu'au dessus de Marmoutier. Un camouflet pour l'artiste mais aussi pour la mairie qui cède sous le poids des opposants.

Mars : Le Ps remporte les élections cantonales et renforce son leadership sur la scène politique locale. Mais ces cantonales sont aussi l'occasion d'afficher au grand jour les tensions au sein du parti.

Avril : Nous apprenons que Libération décide de fermer son site LibéOrléans. Des lecteurs du site décident de s'organiser pour tenter de le sauver. En vain, Nicolas Demorand ne cèdera pas.

Mai : Petite activité sur ce blog. Peu importe l'info du mois se trouve ailleurs avec le tragique accident de Joué Les Tours qui coute la vie à une petite fille malheureusement fauchée par un gendarme alors qu'elle se trouvait en sortie scolaire.

Juin : L'info que je retiendrai est purement personnelle avec la sortie de mon premier livre Piquet de grève.

Juillet : Comme chaque année, l'été est calme en Touraine. Outre les vacances, je retiendrai les 25 ans de la compagnie Off. Bien qu'un poil déçu par le spectacle, il faut saluer néanmoins l'ensemble de leur oeuvre.

Aout : Jean Germain est épinglé par le Canard Enchainé pour les mariages chinois. La polémique continuera une bonne partie de l'automne jusqu'au reclassement de Lise Han à l'office du Tourisme...

Septembre : Les travaux du tramway avancent à grand pas. J'avais fait un billet volontairement médisant sur les célébrations pour la 100e soudure de rails. L'avancée du chantier restera malgré tout une des actualités phares de l'année.

Octobre : Guillaume Peltier lance son offensive médiatique en vue des prochaines élections législatives. Démago à souhait, l'homme use de tous les moyens pour se faire passer pour le jeune dynamique qu'il faut à Tours ce qui n'est pas gagné d'avance au vu des oppositions y compris au sein de la droite tourangelle.

Novembre : L'atmosphère devient lourde avec l'arrivée d'un nouveau préfet en Indre et Loire qui relance la chasse aux sans-papiers. Au mépris de toute humanité, on traque des enfants, femmes et hommes dans l'unique but de faire du chiffre.  

Décembre : Le mois commence fort avec la publication par des associations de la liste des 109 logements vides dans le quartier du Sanitas. Un chiffre inacceptable vu les problèmes de logements subits par de nombreuses familles.

Voila 2011 se termine, il me reste juste à remercier tous les lecteurs qui sont passés par ici ainsi que tous ceux qui auront fait un lien vers ce blog cette année :

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En vous souhaitant à toutes et à tous une bonne année.

mardi 20 décembre 2011

Le 68 rue du Canal

Samedi 17 décembre a eu lieu à Tours une manifestation pour la régularisation de tous les sans-papiers et la réquisition des logements vides. Cela fait plus d’un mois que, tous les soirs, plusieurs familles de demandeurs d’asiles et de sans-papiers ne trouvent pas de place d’hébergement. Durant cette période, de nombreux lieux dans la ville ont été occupés plusieurs jours (en général jusqu’à ce que les flics nous dégagent).
Face à cette situation, pendant la manifestation du 17, un bâtiment vide depuis 1 mois et appartenant à la mairie (il s’agit de l’ancienne halte de jour, l’adresse c’est 68 rue du Canal) a été réquisitionné et héberge maintenant plusieurs personnes qui n’ont pas de logement ainsi que le mouvement.

Trop de gens dorment dehors, chez un ami, un membre de la famille ou vivent dans des appartements dégueulasses et/ou trop petits et de toute manière beaucoup trop chers. Certains voudraient croire que la mairie ou la préfecture, comme ils en ont le droit, réquisitionneront des logements vides et fourniront des solutions à ceux qui ne peuvent pas se payer un toit. Il peuvent attendre longtemps...[lire la suite]

L'ancienne halte de jour située au 68 rue du Canal est ainsi occupée depuis le week-end dernier. Ce bâtiment appartenant au CCAS (centre communal d'action sociale), structure proche de la mairie de Tours et présidée par Jean Germain le maire de la ville est donc devenu le QG du mouvement "des papiers, des logements pour tous".

Depuis plusieurs semaines, des associations luttent à Tours sur ce double front :
Depuis des semaines, se déroule ainsi à Tours ce scénario inacceptable dénué de tout humanisme. Un scénario malheureusement conforté par les pouvoirs municipaux qui font le jeu des services préfectoraux et de la politique gouvernementale. En effet, outre le nombre indécent de logements vides qui appartiennent à la mairie (ou à des structures publiques pilotées par la mairie), celle-ci contribue elle même à cette situation honteuse en refusant de dialoguer avec les militants présents au 68 rue du Canal et en ne prévoyant comme unique réaction, l'appel aux forces de police pour évacuer les lieux.

Il est vrai qu'un logement public est certainement plus utile vide qu'occupé par des personnes sans abris. Et pour être sûr de mettre un terme définitif à cette réquisition, le CCAS a déjà fait appel à une entreprise de maçonnerie pour murer et condamner les lieux. Une situation qui n'est malheureusement pas inédite à Tours, en 2008 l'occupation des logements sociaux de la place de la Victoire s'était terminée de la même manière. Trois ans et demi après ces derniers sont toujours murés...

Pour tout savoir sur le 68 rue du Canal, je vous invite à aller voir le blog : 68rueducanal.wordpress.com


dimanche 4 décembre 2011

Mame un patrimoine tourangeau [Partie 5]


Dossier : Mame un patrimoine tourangeau : 

Partie 1 : billet introductif 


Partie 2 : La naissance d’un empire industriel au XIXesiècle :


Partie 3 : Un modèle d'organisation sociale ?
 




Partie 5 : Mame au XXe siècle et aujourd'hui

Le prestige de Mame et sa réussite va connaitre un brusque coup d’arrêt en 1940. En effet, lors des bombardements de la ville par les allemands en juin 1940, l’usine est entièrement détruite. Les moyens de productions sont ainsi réduits à néant. L’entreprise va alors continuer de vivoter pendant la guerre (avec au passage des livres en l'honneur du régime de Vichy) en se réfugiant dans des ateliers prêtés par la SNCF. Ces bâtiments seront à leur tour détruits lors des bombardements alliés de 1944.

Après la guerre Alfred Mame (deuxième du nom) souhaite restaurer le prestige de l’entreprise. Pour y arriver, il profite de la disponibilité des terrains du Champ de Mars sur les bords de Loire (je reviendrai très prochainement dans un billet sur le Champ de Mars) pour faire édifier sur 3,5 ha sa nouvelle usine. C’est Bernard Zehrfuss, Grand Prix de Rome 1939, qui va réaliser ce projet entre 1950 et 1953. Le site est divisé en deux bâtiments avec la tour administrative et les ateliers recouverts de sheds d’aluminium préfabriqués (permettant à la lumière d’entrer continuellement dans les locaux). Véritable réussite le bâtiment reçoit le grand prix d’architecture industrielle de Milan en 1954. (Pour les détails sur ce bâtiment voir ce dossier pdf de la DRAC).

La dernière partie du XXe siècle, marque cependant la fin de Mame dans sa version historique. En effet, en proie à des difficultés, le groupe est repris en 1971 par la holding DMC. En 1975 la partie éditions de l’entreprise est même séparée de la partie imprimerie et revendue aux Editions de Tournai en Belgique. La partie imprimerie subira une longue agonie et sera revendue au groupe orléanais MCP, spécialiste dans la photocomposition. A cette occasion seuls 270 des 340 employés d'alors seront gardés dans l'entreprise. Finalement, Mame Imprimerie finira dans le giron du groupe Serge Laski qui la rachètera en 1986. 


La fin de Mame, vous l'avez vécu ces derniers mois. Placé en redressement judiciaire en Mars 2010, Mame va survivre pendant un an, vivant dans l'espoir d'un repreneur en la personne de Bruno Flocco, ex-directeur général du groupe Testu. Ce dernier se retirera du projet de rachat en juin scellant la fin de l'entreprise. Dans cette triste histoire seuls 26 emplois sur les 140 de Mame ont pu être sauvés grâce à la reprise de l'activité façonnage par les sociétés Façonnage du Maine et SA Jouve (qui avait racheté il y a quelques années MCP, ancien propriétaire de Mame). Ces 114 licenciements s'ajoutent aux 97 qui ont suivi la liquidation de Gibert Clarey quelques jours plus tôt.
Salariés Mame et Gibert Clarey devant le tribunal de commerce en Juin dernier (source Gaël)
Quel avenir pour le site Mame ?

Les bâtiments annexes ont déjà été détruits.
Racheté plusieurs millions d’euros par Tours Plus, le site Mame a connu des changements dès le mois de mars 2011 avec le déménagement de l’imprimerie sur Chambray. L’enjeu pour Tours Plus, qui a enregistré le projet de requalification au PLU voté l’an passé est d’y installer un pôle des arts graphiques et de l'Image. Sur ce lieu devraient s'implanter l’école des Beaux-arts, l’école Brassart et le département Histoire de l'art de l'université. Le projet s’insère également dans une pensée plus globale de dynamisation des alentours avec un programme mixte d'habitat et d'activités tertiaires.
Les travaux y ont déjà commencé avec la démolition des ateliers ajoutés dans les années 1960 et qui ne présentaient aucun intérêt architectural. A leur place, devraient s’élever des habitations et des bureaux.
Le projet de reconversion du site (Penser Tours et aquavit)

L'aventure Mame s'est donc achevée mais restera étroitement liée à celle de Tours. Une histoire qui fut celle d'une entreprise, fleuron de l'économie locale. Celle d'une famille qui su devenir au XIXe siècle une des grandes familles tourangelles et une des plus influentes de ce siècle en ayant un rôle majeur dans les direction des affaires de la ville. En effet, outre le côté industriel, les Mame se sont également illustrés en politique avec Ernest Mame qui fut notamment maire de Tours de 1849 à 1865, député de 1859 à 1869 et qui occupa également la fonction de président de la Chambre de commerce. Cette histoire fut également celle d'ouvriers qui contribuèrent à sa réussite.

On touche là à la particularité de l'histoire Mame. Celle-ci regroupant à la fois une histoire de la classe ouvrière, de l'économie et de l'élite tourangelle. Un triptyque dont témoignent aujourd’hui des traces urbaines avec la cité-ouvrière, les bâtiments du Boulevard Preuilly, mais également l’hôtel particulier des Mame, situé rue Emile Zola. 

En espérant que ce dossier vous aura autant intéressé que j'ai pris de plaisir à l'écrire, je referme cette série avec ces quelques cartes postales anciennes qu'Eric m'a gentiment fait parvenir :

samedi 3 décembre 2011

Marchés de Noël

Christelle et ses p'tites mains seront sur les marchés de Noël ce week-end : 
Si vous ne savez pas quoi faire allez y faire un tour, vous pourrez retrouver ses tableaux et autres créations.

Et pour ceux que ça intéresse, quelques exemplaires de Piquet de grève seront également en vente sur le stand. 

Mame un patrimoine tourangeau [Partie 4]

Dossier : Mame un patrimoine tourangeau : 

Partie 1 : billet introductif 


Partie 2 : La naissance d’un empire industriel au XIXesiècle :


Partie 3 : Un modèle d'organisation sociale ?
 


Cité Mame
Partie 4 : Zoom sur les cités ouvrières de Tours

Si la cité Mame est la seule réelle cité-ouvrière de Tours, l’office public des HBM (habitations bon marché), l’ancêtre des offices HLM, a édifié plusieurs cités-jardins dans les années 1920 et 1930 destinées aux ouvriers.  
  •    La cité des Bords de Loire

Entrée de la cité des Bords de Loire
La cité des bords de Loire (1926-1930) construite par Hector Caignart de Mailly, est celle qui ressemble le plus a une cité ouvrière avec un plan en carré, des habitations placées autour d’une place centrale et des jardins à l’arrière. Très ressemblante à la cité Mame, cet ensemble regroupe 93 logements mais seulement 21 pavillons individuels. Comme la première elle est par contre refermée sur elle-même, sentiment renforcé par les murets et le pavillon qui marquent son entrée du côté des bords de Loire. 





  • Les cités Jolivet et Beaujardin
Les cités construites par Marcel Boille (entre 1929 et 1934) sont d’un autre style, moins austère, qui fait déjà pensé aux types pavillonnaires des 30 glorieuses. Ici, l’architecte s’est attaché à respecter le cadre ligérien avec des maisons aux longs toits d’ardoises pentus avec jardin individuel. Point de sentiment de renfermement sur soi non plus, même si le sentiment d’appartenance à un ensemble devait se ressentir chez les habitants. Alignées les unes sur les autres, les maisons sont de dimensions modestes mais constituaient une véritable avancée sociale. Les deux cités sont assez semblables, autant sur l’ordonnancement que sur l’architecture des maisons, même si la cité Jolivet est plus imposante (73 logements). Cette dernière est également regroupée autour d’une vraie place centrale, d’où partent des allées qui regroupent chacune quelques maisons. Pour la cité Beaujardin, le principe architectural et physionomique est identique même si le point central des lieux n’est pas autant défini. Seul le cul de sac au bout de la rue joue le rôle de place commune, ceci s’expliquant surement par les plus faibles dimensions des lieux.
 La cité Beaujardin :


  La cité Jolivet : 

  • La cité du général Renault
La cité du général Renault (1923-1927) a elle un aspect assez britannique. Elle a été construite comme celle des Bords de Loire par Hector Caignart de Mailly. Les pierres assorties de briquettes sont d’ailleurs communes à ces deux cités. On retrouve ce même style pour la cité Mame, cet emploi peut laisser penser que l’architecte est resté attaché à l’imagerie de la cité ouvrière du XIXe siècle ce qui apporte un côté austère aux lieux. La physionomie de la cité est plus semblable par contre aux cités de Marcel Boille avec ses formes arrondies, ses allées étroites regroupant 5 ou 6 maisons qui débouchent sur une vaste place vers laquelle l’ensemble de la cité est tournée.

Panorama de la cité du général Renault : 



Ces cités-jardins ou plutôt avec jardins, n’ont pas de lieu de vie réelle, point de commerce. Seule la place centrale commune à toutes fait office de lieu de détente et de loisirs. 

  • Les immeubles Duthoo
Immeubles Duthoo
Pour être complet sur le début des logements sociaux à Tours, il convient d’évoquer les immeubles Duthoo construits entre 1907 et 1910, situés rue Jules Charpentier. Ceux-ci ont été construits à la demande d’Arthur Duthoo pour ses employés du Grand Bazar-Nouvelle Galerie. Ce sont donc bien des logements ouvriers (terme qui convient plus que celui de cité ouvrière). Construits par l’architecte Jean-Frédéric Wielhorski  dans un style qualifié aujourd’hui art-déco, leur physionomie épouse l’arrondi de la trame urbaine et constituent pour ces deux raisons une curiosité toujours appréciée des passants aujourd’hui. 

Immeubles Duthoo (détail)
Immeubles Duthoo (détail)



A suivre : Partie 5 : Mame au XXe siècle et aujourd'hui

vendredi 2 décembre 2011

Mame un patrimoine tourangeau [Partie 3]

Dossier : Mame un patrimoine tourangeau : 

Partie 1 : billet introductif 

Partie 2 : La naissance d’un empire industriel au XIXesiècle :

Partie 3 : Un modèle d'organisation sociale ? 

Ce modèle d’organisation industrielle était doublé également par un modèle d’organisation sociale loué à l’époque par tous. En effet, adepte des théories paternalistes alors en vogue, Alfred Mame va se créer une image de patron modèle. Pour ce, il crée une caisse de prévoyance en reversant à ses employés une somme en fonction de la production réalisée par l’entreprise. Il finance également la création d’écoles à Tours et rend gratuite l’inscription scolaire des enfants d’ouvriers de Mame. Il met en place une dotation Mame facilitant l’accès aux soins médicaux pour les enfants des ouvriers et les ouvrières. Parmi les autres avancées, on note entre autre la création d’une boulangerie coopérative, l’existence de garderie pour les enfants… (source)

Bien sur ces considérations n’étaient pas que philanthropiques. Comme dans toutes les initiatives paternalistes de l’époque, il y avait surtout une volonté de contrôle de la masse ouvrière et une volonté d’acheter la paix sociale. Il faut également garder en tête que les ouvriers de Mame avaient la réputation d’être bien formés et de produire du travail de qualité. L’un des objectifs était de s’assurer de leur fidélité à l’entreprise en constituant un sentiment d’appartenance familiale mais aussi d’une certaine manière de les rendre dépendants. Afin de maintenir la productivité, ces avantages sociaux étaient distribués au mérite des ouvriers ce qui devait les inciter à donner le meilleur d’eux-mêmes.
La contre partie pour les ouvriers à ces avantages était donc de produire un travail de qualité, mais aussi de se conformer et de promouvoir les idées chères à l’entreprise et son patron. A titre d’exemple, Alfred Mame imposa le silence sur les lieux de travail en interdisant à ses employés de discuter pendant les heures de travail. Et chez Mame comme ailleurs, on n’hésitait pas à licencier les ouvriers qui ne rentraient pas « dans le moule ».

Un témoignage emblématique de cette politique sociale est toujours présent à Tours avec la cité Mame :

Cette cité ouvrière est composée de 62 maisons individuelles identiques ayant chacune leur jardin à l’arrière. L’ensemble est tourné autour d'une vaste place carré commune à tous les locataires. Pour les employés y logeant les avantages étaient multiples à commencer par des loyers modérés, plus bas qu’ailleurs et des maisons aux normes d’hygiène et de confort au dessus de la moyenne d’époque.

Panorama de la cité Mame :




Pour le patron, les avantages étaient également nombreux : les ouvriers logeaient à proximité de l’usine et le côté renfermé sur elle-même de la cité renforçait le sentiment coorporatiste, familial et la solidarité entre les employés. Tout ceci favorisant une nouvelle fois le contrôle et la dépendance de la main d’oeuvre.

Entrée de la Cité Mame
Ainsi bien en phase avec son temps, cette gestion sociale permit à Alfred Mame de recevoir en 1867, un prix de Napoléon III pour avoir créé un «établissement modèle» et «où règne au plus haut degré l’harmonie sociale et le bien-être des ouvriers» (source). Cela lui permit également d'être un patron respecté et apprécié de ses employés comme nous le prouve le témoignage précieux : L'éloge de l'imprimerie rédigé par les employés de Mame et dédié à leur patron (lien vers le fichier sur Gallica)

A suivre : Partie 4 : Zoom sur les cités ouvrières de Tours

jeudi 1 décembre 2011

Mame un patrimoine tourangeau [Partie 2]


Dossier : Mame un patrimoine tourangeau : 

Partie 1 : billet introductif 

Partie 2 La naissance d’un empire industriel au XIXe siècle : 

Portrait d'Alfred Mame
L’histoire de Mame à Tours débute en 1796 ,lorsque Amand Mame, fils d’un imprimeur d’Angers, s’y installe pour y fonder sa propre imprimerie. Celle-ci sous la direction de son fils Alfred va connaitre un essor remarquable. Alfred Mame devient l’associé de son père en 1833 en compagnie de son cousin Ernest Mame. En 1845, Alfred prend seul la tête de l’entreprise, ce qui va marquer le début de l’âge d’or de l’imprimerie familiale. En effet, doué d’un sens aigu de l'entrepreneuriat, Alfred va s’atteler à maitriser toutes les étapes de la conception d’un livre et à user du progrès technique en investissant dans les machines à vapeur, faisant entrer son entreprise dans l’âge industriel.  En partie propriétaire de la grande papeterie de la Haye-Descartes, il contrôle ainsi les étapes de création de livres dès la fabrication du papier.

Le deuxième axe qui contribue à la réussite de Mame va être la double spécialisation de sa partie édition vouée aux beaux livres ; avec d’un côté l’édition de livres religieux, domaine dans lequel Mame aura un quasi-monopole sur les éditions liturgiques françaises et de l’autre celle des ouvrages éducatifs de jeunesse, notamment pour l’enseignement catholique. Mame va se faire un nom également en sortant plusieurs livres références comme en 1855, « La Touraine : histoire et monuments », présentée à l’exposition universelle de Paris.  Dans le domaine religieux,  le best-seller de la maison Mame est la Bible illustrée de Gustave Doré en 1866.

Usine Mame au XIXe siècle






Cette réussite, l’entreprise la doit donc à Alfred Mame et son regard visionnaire. Pour réaliser ses ambitions, il fait construire une usine en plein cœur de Tours (entre la rue Néricault Destouches et la rue des Halles). Installés sur deux hectares, les bâtiments de l’entreprise se retrouvent être vastes, aérés et lumineux, pouvant regrouper en un lieu tous les ateliers nécessaires à la production. En rachetant les bâtiments contigus, Mame continua d’agrandir son usine au fur et à mesure de la croissance de son entreprise. L’usine sera tellement imposante qu’elle accueillit jusqu’à 1500 ouvriers dans les années 1860. Avec un tel chiffre, Mame était dans la dernière partie du XIXe siècle le premier employeur de la ville (source). Cette vision ambitieuse permit à Mame d’être la première imprimerie de France à cette époque en terme de volumes publiés. En 1867, 6 millions d'ouvrages sortirent des imprimeries Mame : «un chiffre auquel n'atteignaient point, il n'y a pas encore si longtemps, les presses réunies du monde entier…» (source)

Intérieur des ateliers
Intérieur des ateliers
 








Entrée de l'usine
L’architecture des bâtiments, de style classique est volontairement imposante. L’entrée principale située rue Nericault Destouches,  avec son fronton sculpté, est destinée à montrer la puissance et le prestige de l’entreprise. Cet ensemble qui nous est connu par des gravures et photos a malheureusement était détruit lors des bombardements de Juin 1940.

 Sources des images : Atelier d'Histoire de Tours

A suivre : Partie 3 : Un modèle d'organisation sociale ?

Mame un patrimoine tourangeau [Partie 1]


Dossier : Mame un patrimoine tourangeau : 

Partie 1 : billet introductif
 
Site Mame, boulevard Preuilly
Difficile de croire quand on passe devant le site Mame, boulevard Preuilly à Tours, qu’il y a encore quelques mois se trouvait une des plus vieilles et plus importantes entreprises tourangelles, mais aussi une des plus importantes imprimeries françaises. 

Depuis Mars dernier, ces lieux sont vidés suite au déménagement de l’entreprise vers Chambray-lès-Tours. Celle-ci s’y était regroupée avec l’imprimerie Gibert Clarey, appartenant au même groupe Serge Laski. Un déménagement qui annonçait déjà la suite : Trois mois plus tard Mame était liquidée judiciairement, condamnant 120 personnes au chômage. Gibert Clarey était également liquidée avec ses 96 employés. Depuis deux ans l’entreprise se trouvait en grandes difficultés, mauvais choix de gestion, pertes de marchés… Mame s’était retrouvée en redressement judiciaire en mars 2010. Deux premières séries de licenciement en 2009 et 2010 n’auront rien changé à l’issue… La disparition de l’imprimerie après deux siècles d’existence.

Depuis mars, le site est à la peine, l’impression de sinistre étant amplifié par les démolitions déjà effectuées. En effet, racheté par Tours Plus pour y installer un pôle des arts graphiques, il va faire l’objet d’une reconversion. A ce titre, les pelleteuses se sont déjà attelées à détruire les ateliers des années 60 qui n’avaient pas d’intérêt architectural. Le reste, classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historique, sera gardé et restauré.
 
L’histoire de Mame se racontera donc maintenant, uniquement au passé. Et comme les coïncidences sont parfois étranges, cette fin tombe l’année où sortent les résultats de la recherche universitaire financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) sur l’histoire de Mame (voir mameetfils.univ-tours.fr et  mameetfils.hypotheses.org)

L’occasion de revenir sur cette histoire avec ce dossier en plusieurs parties : 

Partie 1 : billet introductif
Partie 3 : Un modèle d'organisation sociale ? 
Partie 4 : Zoom sur les cités ouvrières de Tours
Partie 5 : Mame au XXe siècle et aujourd'hui



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