Le parallèle historique entre les Halles de Tours et celles de la capitale que Zola avait surnommé le ventre de Paris est intéressant. L'évolution des deux structures s’est en effet faite dans des temps proches. Tout d’abord, les Halles parisiennes, construites entre 1850 et 1870 par Victor Baltard ont directement inspirées celles tourangelles. En effet, le projet de halles à Tours qui était dans les cartons de la mairie depuis 1832 a été confié à Gustave Guérin en 1861 qui imagine alors deux pavillons sur le modèle des pavillons baltard avec une architecture métallique et de verre. Les pavillons Guérin comme on les appelle sont inaugurés en 1866 après deux ans de travaux.
Pendant un siècle, les halles tourangelles accueillent les métiers de bouche et offrent un marché de gros pour les commerçants de la ville. Mais l’essor de la société de consommation et la rénovation du centre historique de la ville à partir des années 1960 vont avoir raison des vieilles halles. Jean Royer décide en effet dans les années 70 leur destruction et un déménagement du marché de gros vers la zone périphérique de Rochepinard. Les Halles de Guérin sont ainsi détruites en 1976. Les similitudes avec les pavillons Baltard continuent puisque ces derniers ont connu le même sort en 1973 et le marché de gros parisien a été redirigé sur Rungis.

A la différence de ce qui se passe dans la capitale, où l'on construit un centre commercial, la municipalité de Tours souhaite que l'ancien se retrouve dans le nouveau c'est pourquoi les nouvelles halles tourangelles restent réservées aux métiers de bouche et continuent d'accueillir les artisans les plus réputés de la ville. Les étages du nouveau bâtiment offrent quant à eux des espaces de réunions. L’architecture peut cependant être rapprochée de celle du forum des halles parisien, puisque le nouveau bâtiment tourangeau, inauguré en 1980 se veut lui aussi futuriste avec une structure faite d’acier, de plexiglas et de verre.
Aujourd’hui, alors que les halles parisiennes vont de nouveau connaitre un profond chamboulement avec un projet de reconstruction totale, l’histoire des halles tourangelles semblent s’éloigner de celle de sa grande sœur parisienne. En effet, à Tours, l’architecture du bâtiment ne parait pas faire l’objet de critiques virulentes. Quelques projets ou visions ont bien été divulgué comme celui de Renaud Donnedieu de Vabres durant sa campagne municipale en 2008 comme en témoigne ce tract d’époque :
Des architectes du collectif La Girafe avaient également imaginé un renouveau des halles en 2005 dans le cadre d’une rubrique de la NR :
- Jean-Baptiste Champion avait imaginé une tour de 120m de haut :
- Matthieu Julien avait lui imaginé une nouvelle structure pour les halles en forme de nuage bioclimatique :
Mais pour l’heure, les halles actuelles semblent encore avoir de beaux jours devant elles et devraient encore garder pendant quelques temps leur réputation de ventre de Tours.