Parce que j'ai la chance d'habiter une région magnifique j'aime vous en parler, parce que j'ai la chance que cette région possède un patrimoine historique, architectural, culturel exceptionnel j'aime vous le faire découvrir. Ce billet s'inscrit donc dans la suite des lieux magnifiques de la Touraine, aujourd'hui place à la dernière demeure de Ronsard : Le Prieuré de Saint Cosme.
Aujourd'hui ceinturé par le périphérique et mal indiqué, le Prieuré de Saint Cosme ne connaît qu'une renommée modeste, difficile en effet d'accéder, sans connaître Tours, à ce lieu magnifique. Pourtant placé en plein coeur de l'agglomération tourangelle, ce prieuré est aujourd'hui un havre de paix, un véritable lieu enchanteur qui respire le calme de ses anciennes fonctions, un lieu chargé d'histoire :
Le prieuré fut construit à l'emplacement d'un oratoire aux XIème et XIIème siècles. Plus tard, sous Louis XI, l'église est à son tour édifiée et une nouvelle maison du prieur est érigée. Occupé par la communauté des chanoines depuis sa fondation jusqu'au XVIIIème siècle, ce site est un lieu de passage pour les pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle.
Le prieuré connaît alors la prospérité pendant des centaines d'années puis, son déclin entraîne la suppression canonique par l'archevêque de Tours en 1742. En 1744, les moines quittent le prieuré, l'église sert alors de carrière de pierre. Par la suite, le site devient la résidence de l'archevêque de Tours puis de l'intendant de Cluzel. En 1791, le domaine est mis en vente et est morcelé. Les maraîchers investissent les lieux : habitations, étables et granges dénaturent le site tout en le préservant d'autres détériorations.
Il faut attendre 1925 pour que le président de la Sauvegarde de l'Art Français, avec l'aide de mécènes américains, achète des parcelles de terrain et entame des fouilles permettant la découverte du corps de Pierre de Ronsard. Mais en 1944, les bombardements endommagent une partie du prieuré. En 1946, les fouilles et restaurations reprennent pour se terminer en 1951, date à laquelle le Conseil général d'Indre-et-Loire devient propriétaire des lieux.
Mais outre cette riche histoire, le Prieuré de Saint Cosme doit sa renommée à son hôte le plus célèbre, le poète Pierre de Ronsard qui y vécut pendant 20 ans en tant que prieur du lieu. L'illustre poète du 16e siècle, créateur de la Pléiade avec son ami Du Bellay, partageait sa vie entre la poésie, les promenades, les prières et le jardinage, et avait trouvé en ce lieu une véritable source d'inspiration.
Visiter Saint Cosme aujourd'hui revient à revisiter l'univers de Ronsard, tout est fait pour lui rendre hommage, de la maison du prieur au réfectoire, jusqu'à l'ancienne hôtellerie qui accueille aujourd'hui la bibliothèque des "amis de Ronsard". Les neufs jardins qui font la part belle aux roses rappellent également que l'histoire du lieu ne peut être dissocié de celle du poète et de son célèbre sonnet "Mignonne allons voir si la rose, Qui ce matin avait déclose...". Le tout mélangé subtilement aux ruines des édifices religieux fait que le visiteur ne pourra que repartir enchanté de ce lieu avant d'en sortir et de retrouver aussitôt le rythme et le bruit de l'agglomération et de son périphérique.








Comme d'habitude, les photos sont de Christelle.